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14.11.2006

Gagner la course (2/2).

Dernière ligne droite à gauche. – Les trois candidats travaillent beaucoup ; ils ont beaucoup « potassé » comme au moment où ils préparaient leur grand oral, à l’ENA. Cela ne veut pas dure qu’on ne dit pas de bêtises, ou qu’on promet tout et n’importe quoi. On peut travailler beaucoup et ne produire d’un discours creux. A ce genre de pratique, Quevilly ne se débrouille pas mal : dès dimanche dernier [4 novembre], il promettait le poste qu’il voulait à M. le comte d’Ushuaïa. Poitou-Charmantes promettait encore hier soir [11 novembre] le rétablissement d’un dialogue social réel dans notre bon Royaume : ce serait certainement une révolution, puisque de nombreux Magnats se comportent comme de petits tyrans dans leur société. L’Etat se doit d’intervenir réellement en rendant la syndicalisation obligatoire : c’est ce que dit Ségolène, et je crois, une fois n’est pas coutume, qu’elle a raison. A part cela, rien de très nouveau à signaler : on s’est répandu en discours, en exclamations faites pour impressionner ses adversaires et même en coups bas pour les discréditer. Ainsi, la diffusion d’une video montrant Mme la comtesse de Poitou-Charmantes critiquant les professeurs, et indiquant qu’elle songeait à faire faire leurs 35 heures dans leurs établissements. Je pense que nous parviendrons, un jour ou l’autre, à ce genre de situation : une partie des professeurs qui vont partir en retraite dans les dix ans qui viennent ne seront pas remplacés ; ceux qui enseigneront encore auront plus d’élèves, et il est question de rétablir la bivalence pour tous les professeurs de collège et de lycée. Dans ces circonstances, les professeurs feront bien 35 heures de cours par semaine : 35 dans leur établisssement, 35 ou plus à la maison. Les programmes en seront-ils allégés pour autant ? Non, il faudra toujours prodiguer une éducation « citoyenne » à nos chères têtes blondes pour achever leur socialisation. Si j’étais professeur, je tremblerai dans mes charentaises... Les promesses ne coûtent rien... Le cours d’économie basiques non plus... On aimerait la croire, mais enfin... Plus loin à gauche, la course a commencé : hier [12 novembre], les Niveleurs ont adoubé Mme Commode – comme prévu – pour qu’elle porte sa candidature au rassemblement des forces anti-libérales, qui désigneront leur champion le 9 décembre. Comme chez les Rosiéristes, nous verrons encore beaucoup de protagonistes ferrailler pour l’emporter. Idem chez les Amis de la Verdure qui fabriquent actuellement leur programme dans des assemblées régionales décentralisées.

Tous carlistes ! –
Cette semaine, on commémorait la mort du Régent Charles, arrivée le 9 novembre 1970. Comme chaque année, tout le pommiérisme parisien s’est rendu à Colombey-Les-Deux-Eglises pour rendre un hommage vibrant à l’ancien Régent. Jeudi [9 novembre], l’actuel Régent, accompagné du comte d’Evreux, président des 577 et de la connétable des Armées, s’est fendu d’un discours très clairement orienté contre M. le comte de Neuilly, actuel ministre de la Police, qui n’a pas eu le temps, dit-on, de suivre toute la petite troupe à Colombey. Pourtant, pourtant, pourtant... M. de Neuilly avait eu le temps de rédiger, pour un journal d’économie, un bla-bla sur l’économie et la mondialisation ; bla-bla qu’il devait redire le soir même, à Saint-Etienne. Il a aussi prétendu qu’il avait lui aussi le droit à un brevet de carlisme, au nom de la politique de rupture qu’il prône. Jacques défend le régime actuel, créé par Charles et a mis en garde les « irresponsables » qui viendraient à les menacer : il est donc l’hériter en titre du carlisme. Neuilly veut la rupture, comme Charles en 1940 : il est aussi carliste. Et ses auditions devant deux juges [vendredi 10] ne devraient pas gêner Mme la Connétable de se lancer contre Neuilly : elle a créé son club, le Chêne, car elle espère secrètement qu’elle se retrouvera au deuxième tour contre Ségolène Elle aussi, carliste ! On n’entend plus Triste-Galouze, mais lui ausis est carliste. Et si l’on passe les frontières du Parti pommiériste, on voit des candidats s’agiter encore dans l’ombre portée de Charles le Grand : hier dimanche, M. de Béarn n’a-t-il pas dit, lors du Conseil national de son parti, que les Régentielles n’étaient qu’une « rencontre entre un homme ou une femme et un peuple ». Il se déclarera candidat, dit-on, le 5 décembre. Hier encore, M. de Cinq-Clous a rejeté la logique bipolaire Pommier/Rosier – comme Charles la logique Est-Ouest – , tout en présentant son programme économique, dont on ne voit pas comment on pourrait l’appliquer : le retour au franc, l’interdiction des importations « nuisibles », autant de mesures ineptes, mais pourtant proclamées en bombant le torse. Il répète la même chose depuis si longtemps qu’il ne s’est pas rendu compte que le monde avait changé. Et s’il n’arrive pas au deuxième tour, il ne fera pas voter Neuilly. Lequel est à Alger, d’ailleurs, mais comme ministre de la Police, pas comme candidat à la Régence : comment de méchants esprits peuvent-ils penser que notre bon Ministre de la Police (et des Cultes) veuillent s’attirer les suffrages des mahométans qui vivent en France ? Non, vous dis-je, l’âme de cet homme est trop pure pour qu’on puisse imaginer de telles manoeuvres de sa part !

Bref, il faudrait faire preuve d’une grande naïveté pour prétendre que les Français se prononceront sur un programme politique : les électeurs se prononcent sur de vagues idées, et surtout sur des personnalités dont ils pensent qu’ils sont capables de tenir le gouvernail d’un navire agité par la tempête. Et les « primaires » qui se déroulent au parti rosiériste nous montrent que les candidats se moquent tout à fait du problème. Quant Mme Ségolène nous dit de sa voix sèche qu’elle promet de rendre compte chaque année de ce qu’elle a fait, on peut croire cette femme dont le mentor fut le Régent François : merci, Mme la comtesse, mais nous avons déjà les discours du Régent, le 31 décembre et le 14 juillet. Avons-nous besoin de discours supplémentaires ? J’en doute. Vos voix nous étourdissent déjà et nous nous endormons, déçus.

EdM

Commentaires

Pourquoi travailler autant ? Les français travaillent plus que beaucoup d'autres, ce sont les statistiques officielles qui le disent.

http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm

36,3 h en France
36,2 h en Italie
35,1 h au Danemark
33,8 h en amérique (usa)
33,6 h en Allemagne
33,2 h en Espagne
31,7 h en Angleterre
30,1 h en Suède
29,2 h en Hollande

C'est t'y pas beau la France ?

Écrit par : Fredo | 14.11.2006

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